Mauvaise époque?

Publié le par B.O.C.C

   Je m'ennuie. Aujourd'hui, après 6 mois de stage, je m'ennuie toujours. Oui je l'avoue, j'en suis déçu.
Je ne fais rien de concret mais j'apprends de chaque moment passé. C'est finalement bien là la finalité d'un stage.
Commencer à se construire un parcours professionnel. Rencontrer le monde du travail. Découvrir l'entreprise. Apprendre ou commencer à partager les valeurs de l'entreprise.

     Et c'est là où c'est plus difficile. L'Entreprise d'aujourd'hui n'est plus ce qu'Elle a été. Ni ce qu'Elle veut être. Elle a perdu de sa superbe. Elle a toujours son beau manteau de vanité. Toutes les marques de sa gloire passée sont encore présents en nos esprits. Mais Elle se meurt. Aujourd'hui, malheureusement, il n'y a plus qu'une valeur qui l'intéresse, Elle l'Entreprise vue du haut.
Et cette volonté du profit incessant l'épuise dans sa folle course au toujours plus. Mais elle ne veut pas. Elle ne veut pas refuser ce qu'ils lui demandent, leur dire non.
  Ils, ce sont ces faiseurs d'argent, ceux qui peuvent avec un seul chiffre engendrer des conséquences qu'on ne soupçonnait jusqu'alors. Et Elle en perd son coeur de métier, l'Entreprise. Ceux qui l'ont vu naître, ceux qui l'ont aidé à grandir, ceux qui l'ont accompagné dans les mauvaises passes, ceux pour qui elle était une famille, tous ceux là se sentent forcément trahis. Ils ne se reconnaissent plus en Elle. Comment justifier pour la rentabilité de certains costumes, la mise au ban de ceux qui sont les petites mains, ceux qui fabriquent, ceux qui font, ceux qui la font vivre?

  Alors aujourd'hui, à Airbus on ne fabrique plus des avions, mais des tas de fric avec des ailes. Tout n'est plus dicté que par les chiffres. Les amoureux de l'auéronautiqe, les passionés d'avions, ceux qui ont rêvé avec le Concorde ou encore la Caravelle plus jeunes, ou ceux qui l'ont fait devant l'A380 déchantent. Et je soupçonne qu'ils risquent d'être de plus en plus nombreux à quitter le navire qui file tout droit dans le mur, vers une humanisme réduit au minimum et une rentabilité gouvernante dans l'Entreprise.

 
A
lors est-ce vraiment là dedans que je souhaite m'embarquer? Je ne sais pas mais l'hotesse m'a déjà souhaité un bon vol...

 

Combien d'entre vous arrivent encore à s'identifier à ces Entreprises? Qui se voit travaillant chez Airbus plus tard? Qui peut tenter de justifier Power8 dans son intégralité?

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Caro 30/03/2008 22:47

Jvoudrais tout de même apporter ma contribution à ce triste constat des perspectives de l'ingénieur ENICACA...
Faut pas croire que le boulot à l'étranger est partout moins stressant qu'en France. Ce que je veux dire c'est qu'à en juger par la motivation des étudiants nord-américains à étudier super tard + bosser à tps partiel pr financer leurs très onéreuses études, ou bien par les étonnantes heures d'ouverture des commerces ici, faut pas croire que le travail à l'américaine, c'est tout schuss sur les pentes enneigées du Mt Tremblant, ou coco-cocktail sur la Miami Beach...
C'est d'ailleurs pour cette raison que je cherche un stage... en Afrique du Sud !!! :D

Vince de Bordô 28/03/2008 17:28

"Qui se voit travaillant chez Airbus plus tard?"
Question pertinente, mais j'aimerais avoir un peu plus de précisions. Par "plus tard" tu entends après 14h ?

bounty 26/03/2008 09:52

C'est marrant j'ai eu hier une conversation à propos du boulot à l'étranger, avec un français qui n'a que très peu vécu en France (= pas mal de recul sur notre chère Patrie)

Bref ce qu'il en est ressorti, c'est qu'en effet en France le monde du travail est gangréné par le stress du résultat, le côté humain passe après... Le système français montre de plus en plus ses limites...
Et en gros la conclusion c'est qu'à l'étranger, ils ont une autre conception du bazar (cf Albouss'), donc que c'est un excellent plan si on est prêt à prendre le large. Sans compter qu'un français à l'étranger = classe à Dallas (vous m'avez compris).

Thaddée 26/03/2008 06:18

J'ai jamais dit que faire un truc qui te plait est une exception. Je t'ai dit qu'il fallait pas t'attendre à ce que ton travail soit ta passion parce que c'est rare...
Tu peux travailler tous les jours sans y aller avec les pieds de plomb sans que ce soit le "surfkiffe total". Quand j'ai fait mes trois mois à Airbus, ça m'a jamais soulé de venir et ce que j'ai fait m'a intéressé. Mais, à ce moment là, le début de ma journée, c'était quand même à 17h...
Ensuite, pour le "Je serai où dans quelques années et est-ce que je m'y plairais?", j'ai envie de te dire que je t'ai déjà répondu mais bon... "Je serai où" : Tu t'en tapes, non? Tu verras bien à ce moment-là... "Est-ce que je m'y plairais?" : Ca ne tient qu'à toi, personne ne t'obligera à faire ce que tu fais.

Aurélien 25/03/2008 20:48

Bon, je suis pas en AIE, donc, j'ai qu'une vision restreinte du monde de l'entreprise.

Mais il n'empêche que, après 1 mois de PFE à Volvo, ils restent quand même très loins de ce que je considère comme le cartésianisme français. Je pense qu'ils ont autant la culture du résultat que les français voire plus, mais j'ai l'impression que les suédois le vivent plus calmement.

2 exemples: Les pauses (2 pauses cafés, une pause déjeuner) ont des horaires très variables, allant d'un petit quart-heure à parfois quarante-cinq minutes (pour une pause café, je sais pas si vous vous rendez compte?). Le stress existe, mais il passe après.

Ensuite, un gars qui a besoin d'une valeur sur un matériau quelconque.
'C'est pressé?
Ouais, est ce que tu pourrais l'avoir d'ici quinze jours ?'

Voilà pour ma(petite)participation au débat

B.O.C.C 26/03/2008 00:02


Moi je vais aller bosser en Australie ou on te dit "pas trop" bosser et de "prendre du temps pour aller surfer" (source coquelienne).
Ca, ya pas à dire ca me fait rêver les autres mentalités :D